2014 – « Engagements croisés : 50 ans d’immigration, 30 ans d’interculturalité » : un projet autour de deux anniversaires

2014 – « Engagements croisés : 50 ans d’immigration, 30 ans d’interculturalité » : un projet autour de deux anniversaires

Le projet « Engagements croisés » est constitué d’une série d’activités de commémoration, mais aussi de sensibilisation locale, prenant appui sur les actions, les acteurs de la province de Namur et les partenaires du CAI.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des 50 ans de l’immigration marocaine et turque, mais aussi des 30 ans du CAI. Une série d’activités sont organisées les 28 et 29 avril 2014 à la Maison de la Culture de Namur. Elles aspirent à améliorer les connaissances des citoyens sur l’histoire de leur région en matière de multiculturalisme, à médiatiser des initiatives favorisant le vivre-ensemble et à encourager une approche interculturelle dans la relation liant les populations migrantes, les acteurs sociaux et politiques et la population en général.

Le programme de ces deux journées se décline en une série d’activités : séminaire, conférence, lectures publiques, table-ronde et débats, pièce de théâtre, ateliers de calligraphie ou de henné, présentation du résultat d’atelier créatif, concert, film, expositions, stands littéraire et musical, présentation d’outils pédagogiques. Celles-ci explorent et interrogent : la place de l’interculturalité dans les processus d’intégration, les causes des migrations, les pratiques multiculturelles, etc. Elles mettent aussi en valeur les apports culturels des populations issues de l’immigration, et plus spécialement de celles venant du Maroc et de Turquie dont on commémore la venue. En effet, c’est en 1964 que la Belgique signe deux accords bilatéraux, avec le Maroc (en février) et la Turquie (en juillet), pour faire venir de la main-d’œuvre étrangère et répondre à la pénurie de travailleurs qui affecte ses secteurs industriels (mines, métallurgie, construction, etc.), comme en 1946 avec l’Italie.   

Des réalisations du CAI y sont mises à l’honneur comme les outils pédagogiques intitulés « Causes des migrations », « Le mot juste pour démêler quelques préjugés sur les étrangers » et « Récits de vie ». Le Centre y présente également une exposition de photographies réalisée pour l’occasion : « Visages, regards et présences : 50 ans d’immigrations marocaine et turque en province de Namur », ainsi que deux expositions plus anciennes : « Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs » et « Des hommes et des carrières ». La réalisation de la nouvelle exposition sur les immigrations marocaine et turque, ainsi que du projet « Engagements croisés » de manière plus globale, est le résultat d’un travail de longue haleine, mené en collaboration avec de nombreux partenaires tels que la Province de Namur(et la Maison de la Culture), Espace Magh, Annoncer la couleur, les Grignoux, le Centre Culturel de Namur, Article 27 et bien d’autres. Il se clôture, à la fin de l’année 2014, par la publication d’un Coaxions, qui résume et rassemble l’ensemble du travail réalisé. Tout au long de ce processus de travail, le CAI agit comme agent de réseau, pour harmoniser et coordonner les actions menées sur la province de Namur.

En 2024 et 2025, pour marquer les 60 ans des accords bilatéraux avec le Maroc et la Turquie, de nouvelles actions sont organisées, en collaboration avec les communautés concernées et le Centre culturel de Namur (Bomel). 

Cette initiative s’inscrivait dans continuité et une volonté de donner la parole aux descendants de la première génération de travailleurs immigrés ; une mise en lumière des parcours individuels et collectifs, des héritages culturels et des engagements citoyens qui façonnent aujourd’hui la société namuroise. Nous avons pour cela réalisé, entre octobre 2024 et mai 2025 :

  • des ateliers d’expression avec des jeunes,
  • une exposition photographique accompagnée de témoignages intitulée Instants d’années – avec Lillo Canta,
  • un ouvrage intitulé Accords au présent – Résonances turques et marocaines en namurois (rédigé avec Ahmed Ahkim et Altay Manço, publié par Couleur livres)
  • une inauguration et une séance de découverte de ces outils en présence des consuls marocains et turcs mais aussi le Gouverneur de la province de Namur au Centre Culturel de Namur (Bomel).
2014 — Couv Batisseurs Inter (vignette)

* Centre d’Action Interculturelle de la province de Namur (CAI). Les “Bâtisseurs” de l’interculturalité en province de Namur : Face à l’objectif. (Projet « Engagements croisés : 50 ans d’immigration / 30 ans d’interculturalité »). Namur : CAI, 2014, 40 p. Éditrice responsable : Benoîte Dessicy

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

  • Ajouter liens

Sources :

  • Ajouter liens

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme

 




2004 – Lancement de la publication Coaxions


2004 – Lancement de la publication Coaxions

Coaxions : les cahiers du CAI est une publication en série destinée à visibiliser les pratiques et réflexions du CAI sur des thématiques spécifiques. Son titre évoque l’action collective et reflète l’objectif de la revue : rassembler, transmettre et outiller les acteurs de l’interculturalité.

Depuis sa création, le CAI s’efforce de transmettre un maximum d’informations sur les thématiques qu’il traite et les publics qu’il accompagne. Une partie de son action repose d’ailleurs sur ce soutien documentaire. Au fil du temps, le Centre aspire à transmettre le savoir-faire qu’il a acquis en matière de formation et de méthodologie interculturelles ; un axe d’action qu’il a surtout développé à partir des années 1990. La méthode et les processus de travail ont en effet pour lui une grande importance. De manière à initier, outiller et former les opérateurs, le CAI décide de synthétiser et transmettre son savoir et ses expériences à travers des cahiers appelés Coaxions. Entre 2004 et 2019, cette publication aborde de grandes thématiques investies par le CAI, met en lumière certains projets et éclaire des pratiques, comme en témoignent les titres des cahiers :

  • 2004 (décembre) : « Outils de diversité… au service de l’action interculturelle ? L’exemple de la Manne à pain ».
  • 2006 (décembre) : « L’islam dans l’espace public ».
  • 2007 (mai) : « La médiation interculturelle : entre approche conceptuelle et pratique professionnelle ».
  • 2014 (décembre) : « 50 ans de l’immigration marocaine et turque en province de Namur ».
  • 2015 (juin) : « Travailleurs étrangers ou d’origine étrangère avec ou sans emploi en province de Namur ».
  • 2017 (juillet) : « Acquisition de la nationalité belge : liens avec le parcours d’intégration ».
  • 2018 (janvier) : « Radicalisme ».
  • 2019 (janvier) : « Diversité ethnoculturelle et emploi ».

Avec le même objectif, le CAI édite parallèlement quelques brochures, notamment sur la systématisation d’expériences et sur l’accompagnement interculturel, en 2020, ou sur la manière de « Mener des projets interculturels avec les jeunes », en 2022.

Le CAI poursuit ainsi son travail d’information entamé dès ses débuts et qui s’est décliné au fil du temps à travers son centre de documentation (de 1984 à 2020), ses études statistiques ou ses premières publications périodiques (Devenir du migrant, Horizons 2000, Horizons), avec l’idée de nourrir la réflexion et de faire lien.

* Légende

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

  • Ajouter liens

Sources :

  • Ajouter liens

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme

 





1997 – Inhumation des personnes musulmanes


1997 – Inhumation des personnes musulmanes

À la demande des centres cultuels de Namur pointant l’absence de lieux d’inhumation adaptés aux préceptes de l’Islam, le CSCIN organise un groupe de travail spécifique pour analyser la situation sur les entités de Namur, Andenne et Sambreville. Le premier objectif est de faire le point sur les principes religieux régissant l’inhumation des personnes musulmanes, avant d’envisager les démarches nécessaires à leur prise en compte. Le second vise à permettre aux responsables des administrations communales et des associations culturelles islamiques de parvenir à un consensus sur la question.

La question de l’inhumation rituelle des personnes musulmanes se pose encore à la fin des années 1990. Mais un événement dramatique accélère sa prise en charge. En 1996, l’assassinat de la petite Loubna Ben Aïssa suscite l’émoi général au sein de la population belge, mais son corps doit être rapatrié au Maroc pour y être inhumé dans le respect du rite funéraire islamique. Au sein de la société belge, une réflexion s’engage alors sur les possibilités d’inhumation des défunts musulmans sur le territoire national. À Namur, la communauté musulmane interpelle le CSCIN (futur CAI) à cet effet, qui, dès 1997, met en place une dynamique de concertation, dont l’objectif est d’analyser les besoins et les modalités pouvant favoriser la création de parcelles adaptées. Un groupe de travail spécifique est mis en place pour analyser la situation sur les entités de Namur, Andenne et Sambreville. Son premier objectif est de faire le point sur les principes religieux régissant l’inhumation des personnes musulmanes, avant d’envisager les démarches nécessaires à leur prise en compte. Il vise ensuite à permettre aux responsables des administrations communales et des associations cultuelles islamiques de parvenir à un consensus sur la question.

Plusieurs règles du culte musulman entrent en effet en contradiction avec les éléments réglementaires des cimetières communaux : ainsi en est-il de la manière d’inhumer le corps du défunt – à même la terre dans l’Islam, dans un cercueil en Belgique –, de l’autorisation d’enterrer un fœtus – après quatre mois de grossesse chez les musulmans, après six mois en Belgique –, de la durée d’occupation de l’emplacement funéraire – illimitée dans la religion musulmane, limitée entre 5 et 100 ans en fonction du type de concession en Belgique. En outre, la loi belge interdit la création de cimetières privés à destination exclusive d’une communauté religieuse particulière. 

En province de Namur, aucun cimetière communal ne prévoit à l’époque d’aménagement pour enterrer les personnes de confession musulmane. Le CSCIN enclenche ainsi un processus de réflexion et de médiation réunissant la Ville de Namur, la Ville d’Andenne et les trois mosquées namuroises, soit les centres islamiques turc et albanais et le Centre islamique et culturel de Namur (marocain). Le groupe ainsi constitué s’adjoint le conseil de deux experts issus du Centre islamique de Bruxelles et du Centre pour l’égalité des chances. Une série de conditions régissant l’inhumation des personnes musulmanes doivent faire l’objet de compromis [Lesquels ?], mais certaines sont mises en place, comme l’alignement des sépultures vers la Mecque [la seule?].

Dans la décennie qui suit plusieurs parcelles spécifiques sont inaugurées. En 1999, le Collège communal d’Andenne décide de créer un espace d’inhumation dédié au culte musulman à titre expérimental, tout en restant dans le cadre de la loi et sans porter atteinte au caractère public, laïc et régulier des cimetières communaux. En 2004 et 2007, de nouveaux espaces de ce type sont respectivement créés à Sambreville et à Namur. 

D’autres exemples de soutien à la communauté musulmane

La Belgique est le premier pays européen à reconnaître le culte islamique en 1974, ouvrant droit à son financement au même titre que les autres religions reconnues. Le souci étant que la religion musulmane ne possède pas de structure hiérarchisée et incontestée, ce qui complique son application pleine et entière. Ce n’est que vingt ans plus tard, qu’un Exécutif des musulmans provisoire est officiellement reconnu comme interlocuteur officiel de l’État, qui devient définitif après l’élection de son assemblée fin 1998. En 1999, un arrêté royal fait de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) l’organe représentatif officiel du culte islamique, ce qui permet la pleine exécution de la loi de 1974 et favorise enfin l’égalité de traitement entre les cultes. La reconnaissance et le financement des mosquées deviennent, par ailleurs, une compétence régionale en 2002.

L’Exécutif des musulmans n’est pas une autorité morale, mais bien un organe chargé de s’occuper de la gestion pratique du culte. Quand ce dernier lance une campagne de formation des ministres du culte [quand ?], le CAI propose un nouvel accompagnement ciblé. Il met alors en place un module de formation pour que les mosquées intéressées puissent constituer un dossier de demande de reconnaissance. 

De manière complémentaire, le CAI appuie aussi la création d’abattoirs temporaires à l’occasion de la fête du sacrifice [quand et où ?]. Cependant, cette initiative ne survit pas aux normes européennes en matière d’abatage.

* Légende

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

  • Ajouter liens

Sources :

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme