1988 – Exposition et publication : Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs


1988 – Exposition et publication : Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs[1]

 

Le Centre collabore à l’exposition Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs qui se penche sur l’histoire des mines de charbon dans la province de Namur, en s’intéressant plus particulièrement à la main-d’œuvre belge et étrangère qui y œuvrait. L’exposition se prolonge par la publication d’un ouvrage éponyme qui valorise les recherches menées. Cette première publication de type historique lui permet de mettre en lumière la mémoire de travailleurs d’origine étrangère.

Dans le cadre d’un jumelage entre les communes de Floreffe, en Belgique, et de Prata Di Pordenone, en Italie, le Centre socioculturel des immigrés (CSCIN), le Séminaire d’études pluridisciplinaires sur l’immigration italienne en Belgique et le Centre d’animation et de recherche en histoire ouvrière et populaire (CARHOP) sont contactés par la Commune de Floreffe pour réaliser une exposition sur les mines et l’immigration en Wallonie. Cette collaboration entre des institutions aux profils et compétences variés est enrichissante. Elle permet de réaliser une étude historique, couvrant différents aspects de l’histoire de l’extraction houillère depuis ses origines. Parmi les sujets développés figurent : les techniques d’extraction, l’infrastructure et l’organisation des charbonnages ; la vie quotidienne dans les mines, les aspects économiques, les conditions de travail et les accidents ; l’immigration, les mineurs d’Italie et d’ailleurs ; et la culture inspirée par la mine. Il s’agit d’une des premières études sur les mines qui aborde le sujet de manière aussi large, en tenant compte de l’évolution économique, sociale et culturelle de ce secteur autrefois clé du développement économique de la Wallonie.

Cet ouvrage conserve une trace de l’important travail de recherche mené pour raviver la mémoire collective d’acteurs de ce secteur. Il parait essentiel pour le Centre de transmettre cette histoire aux personnes qui n’ont pu visiter l’exposition et aux générations à venir. Il s’agit d’une manière de rendre hommage à ces travailleurs et de conserver la mémoire de ces hommes, femmes et enfants, belges et immigrés, qui ont travaillé dans de dures conditions, parfois presque inhumaines. Tout en n’oubliant pas, ceux qui ont sacrifié leur vie pour assurer l’essor du pays et le bien-être général.

Deux ans après ce projet, le CSCIN renouvelle l’expérience à travers une exposition et une publication historique intitulées Des carrières et des hommes[2] (1990). Il s’agit à nouveau de mettre en lumière la présence d’ouvriers étrangers, notamment italiens, dans un secteur important en province de Namur. Et de montrer leur apport à la vie économique belge.

* Couverture du catalogue Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs (Michelle Villan & G. Zélis, 1988), Centre socio-culturel de la province de Namur.

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

  • Ajouter liens

Sources :

  • [1] Villan, Michel [et al.], Mines et mineurs de Wallonie, d’Italie et d’ailleurs, catalogue de l’exposition réalisée à Floreffe, Namur, Centre socio-culturel des immigrés de la Province de Namur (CSCIN),1989, 102 p.
  • [2] Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur, Des carrières et des hommes, Namur, ACEDI, 1990, 47 p.

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme

 





1985 –  Diffusion d’émissions de radio interculturelles sur les ondes locales de Namur


1985 –  Diffusion d’émissions de radio interculturelles sur les ondes locales de Namur

Face au constat que les associations de personnes d’origine immigrée manquent de lieux et de moyens d’expression de leur culture, le Centre socioculturel des immigrés (CSCIN) s’implique dans un projet de radio interculturelle. L’initiative débute avec l’émission Interculture sur la radio locale 081, puis se poursuit en 1985, avec la diffusion de « Radio Côte à Côte » sur les ondes de Namur centre. Ouverte aux communautés immigrées de la région namuroise, celle-ci propose, à plusieurs moments de la semaine, différents contenus : agenda culturel, musique interculturelle, revue de presse, rencontres d’immigrés, etc. Le temps d’antenne y est géré par les communautés elles-mêmes. Ces émissions proposent des moments d’échanges sur la vie culturelle et sociale et permettent la diffusion d’informations utiles. Elles visent à offrir, tant aux Belges qu’aux personnes d’origine immigrée, l’opportunité de mieux connaître la culture et les réalités des différentes communautés étrangères.

Différentes communautés immigrées de la région namuroise participent à partir de 1985 à « Radio Côte à Côte » diffusée sur les ondes de Namur centre (101.5 FM). Les émissions ont généralement une dimension interculturelle, mais certaines sont plus communautaires, à l’exemple de celle animée par des immigrés turcs. L’émission Interculture, qui y est diffusée en français, est menée en collaboration entre le CASIT-UO et le CSCIN. Elle se scinde en deux parties : la première est liée à l’information sur les modifications de la législation en vigueur pour les migrants et les activités associatives dans la région et propose de la musique provenant de différents pays ; la seconde est orientée sur la rencontre d’un migrant, sur son parcours socioprofessionnel, ses souhaits culturels, ses doutes et ses projets.

L’initiative se poursuit au cours des années 1990. Vers le milieu de la décennie, une association albanaise exprime sa volonté de réaliser une émission dans sa langue, permettant l’échange et la diffusion d’informations sur la situation de ses ressortissants dans la province. Conscient de l’intérêt que peut susciter cet espace radiophonique multiculturel chez d’autres associations d’immigrés à Namur, le Centre invite d’autres communautés à collaborer. En 1996, une émission se met en place réunissant les associations albanaise, maghrébine, turque et zaïroise, et la participation du mouvement d’éducation permanente PAC (Présence et action culturelles). Intitulée ALMATUZA (Albanie-Maghreb-Turquie-Zaïre), elle est rebaptisée ALMATUCO en 1998 (après que le Zaïre est devenu le Congo). Toutes adhèrent au projet de production et de réalisation d’une émission multiculturelle sur Namur, que coordonne le CAI. Cette initiative qui ouvre aux communautés un espace de parole, permet aussi aux cadres d’associations d’immigrés de se perfectionner dans la technique radiophonique et dans la gestion d’un projet commun.

De 1996 à 2009, la diffusion des émissions de « Radio Côte à Côte » se poursuit sur la station Equinoxe FM. Elles proposent alors :

  • de développer le dialogue entre les communautés, en créant un lieu d’échange et de diffusion radiophonique sur la vie sociale et culturelle des personnes et des communautés d’origine étrangère.
  • de promouvoir un outil d’information, de sensibilisation et de dialogue et ainsi contribuer aux actions d’éducation permanente.
  • de permettre aux minorités culturelles de s’exprimer par le biais d’un outil radiophonique et aux auditeurs namurois de prendre connaissance de la dynamique et des initiatives des associations et communautés d’origine étrangère.
  • de faire partager à la communauté d’accueil les atouts et la richesse culturelle des populations d’origine étrangère.
  • d’assurer la promotion des manifestations organisées par les associations d’immigrés et belges.
  • de sensibiliser les communautés d’origine étrangère sur la citoyenneté active.

En 2009, à l’émission ALMATUCO succède la « Radio interculturelle namuroise », diffusée sur les ondes de la Radio universitaire namuroise (RUN 107.1 FM), disponible également en ligne. Le contenu et la méthodologie changent : le CAI invite l’ensemble des associations à participer, mais désormais c’est lui qui coordonne et anime les espaces de diffusion, quatre heures d’antenne par semaine. L’objectif diffère alors de ceux d’ALMATUCO : des créneaux sont réservés aux différentes associations, mais des émissions d’échanges et de débat voient également le jour. Celles-ci traitent de nombreuses thématiques, telles que la scolarité, le genre, les migrations d’hier et d’aujourd’hui, la politique européenne ou encore la mort. Certaines de ces émissions spéciales sont enregistrées hors des studios habituels et en public, afin d’être au cœur de l’activité namuroise.

En 2013, contraint à une réduction de temps d’antenne, le CAI se retire de la gestion du projet et laisse peu à peu la place aux associations qui y prennent leur autonomie.

* Promotion pour l’émission Almatuza sur Radio Equinoxe (dernier page de Horizons 2000, mars 1997), Centre socioculturel des immigrés de la province de Namur (CSCIN/CAI).

* Logo de la radio interculturelle namuroise

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

  • Ajouter liens

Sources :

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme

 





1983 –  Naissance du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur (CSCIN)


1983 –  Naissance du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur (CSCIN)

Le CSCIN, qui deviendra en 1998 le CAI, est créé dans la continuité d’une étude de la Fondation Roi Baudouin pointant, deux ans plus tôt, le manque de structures d’accueil et d’intégration des personnes étrangères ou d’origine étrangère en province de Namur. Dès sa création, il défend une démarche d’intégration sociale et culturelle qui respecte les identités de chacun. Dirigé par Michel Villan, le Centre se veut pluraliste et bénéficie du soutien des Villes d’Andenne, Namur et Sambreville, ainsi que de la Province de Namur.

La création du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur découle d’une étude réalisée en 1981 par la commission namuroise « Pauvreté » de la Fondation Roi Baudouin, dont un des thèmes concerne l’intégration des migrants. Cette étude, conduite par le sociologue Michel Villan, brosse le portrait de la réalité démographique et socioculturelle de l’immigration en province de Namur, s’intéresse aux facteurs d’exclusion et souligne l’absence de structures spécialisées dédiées à l’intégration des personnes immigrées sur ce territoire. La mise en place du Centre socio-culturel des immigrés vient combler ce manque. Elle est précédée d’une large consultation des représentants des associations d’immigrés et d’organisations belges travaillant avec des immigrés – comme les syndicats et des mouvements d’éducation permanente – pour identifier leurs besoins. Les pouvoirs publics (Communauté française, Province, communes) sont aussi sensibilisés au projet et invités à collaborer à sa concrétisation. Ces différents acteurs, travaillant prioritairement sur Namur, Andenne et Sambreville – les trois communes où se concentrent le plus d’immigrés, composeront l’assemblée générale et le conseil d’administration de l’association, qui se veut pluraliste. C’est ainsi, qu’à l’instar de Bruxelles, Liège et Charleroi, Namur se dote enfin d’une structure d’accueil spécifique pour sa population immigrée. Elle se distingue des initiatives confessionnelles ou communautaires préexistantes sur le territoire et propose une approche professionnelle, où les pouvoirs publics locaux sont à nouveau impliqués. En effet, depuis 1974, ce lien, bien qu’alors purement fonctionnel, n’existait plus, avec la fermeture du service « immigration » du Bureau économique de la Province, consécutive à la montée du chômage et l’arrêt officiel de l’immigration économique.  

 

Le 26 janvier 1983 a lieu la réunion constitutive du CSCIN (ASBL), dans les locaux de l’Organisme provincial d’Action sociale (OPAS). C’est d’ailleurs là, avenue Reine Astrid à Namur, que le Centre débute son activité. Ses statuts paraissent officiellement au Moniteur le 30 mai 1985.[i]

L’association a pour objet de promouvoir toute initiative favorisant l’intégration sociale et culturelle des immigrés, sans distinction d’opinions philosophiques ou politiques, de religions, de cultures et de nationalités. Elle se donne deux missions principales : celle de créer et de faire fonctionner un centre de documentation et d’information sur l’immigration et celle de constituer un lieu de rencontre et de concertation des initiatives en matière d’intégration et de promotion sociale et culturelle. Le centre constitue différentes commissions pour définir les axes d’action[ii] du Centre socioculturel des immigrés et se fixe rapidement des objectifs à court et moyen termes.[iii]

La philosophie du Centre est d’élargir la dimension culturelle des immigrés à d’autres domaines que le folklore et la cuisine. Une ouverture est donnée à la musique, au cinéma, au théâtre, aux arts plastiques, mais aussi à la connaissance du contexte socio-économique et socio-politique des pays d’accueil et d’origine.

Les premières activités du Centre relèvent essentiellement de la première ligne. Afin de mobiliser les personnes issues de l’immigration pour qu’elles soient partie prenante du projet, le Centre organise la formation d’animateurs en milieu immigré. En effet, comme les associations de migrants sont alors peu structurées, on pense à leur mettre à disposition des animateurs formés.

 

Le Centre développe ses actions à Namur, Andenne et Sambreville, reconnues comme zones d’action prioritaires par la région en 1991.

 

Vidéo : Présentation du CAI – Archive de 2006, CAI Namur.

Le devenir du migrant ?, n° 1/87 (édition française), p. 12–13, Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur, 1987.

Courrier d’invitation à la Réunion constitutive du CSCIN, 26 janvier 1983, p. 1, Archives internes du CAI.

Ressources à télécharger :

  • Ajouter liens

Jargon, abréviations, sigles et acronymes : 

Sources :

  • [i] Moniteur belge, 30 mai 1985, annexe n° 7071-7084, pp. 3169-3170, n° 7074/85 – Statuts du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur.

  •  [ii] Constitution des commissions du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur, 1983-1985, Archives du CAI

  •  [iii] Objectifs à long et moyen terme du Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur, 1983, Archives du CAI.

  • Entretien avec Michel VILLAN, 7 février 2024, Archives orales du CAI.
  • Construction commune d’une société où chacun est égal et différent, Labiso – Cahier n° 19/20, Centre socio-culturel des immigrés de la province de Namur, 2003. Disponible sur : www.labiso.be

Catégories :

Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

Thématiques traversées par l’activité :

Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme