2004 – Implantation du service d’interprétariat social en province de Namur

2004 – Implantation du service d’interprétariat social en province de Namur

Un service d’interprétariat social est mis sur pied à Namur dans le cadre d’un plan fédéral de développement de tels services. Il est destiné aux acteurs de première ligne en lien avec la population étrangère de la province parlant mal ou peu le français. L’objectif est d’améliorer la communication entre le public issu de l’immigration et les professionnels, une démarche menée depuis longtemps par le Centre à travers la médiation culturelle. Progressivement, le métier d’interprète tend à s’imposer sur celui de médiateur culturel que le Centre continue de défendre. Car, il n’y a pas que les mots à traduire, mais souvent aussi tout un ensemble de références culturelles. Ainsi, l’approche de la médiation culturelle est elle aussi  à la base du pôle d’accompagnateur interculturel qu’il met en place dans le cadre du nouveau parcours d’intégration instauré en 2013 par la Région wallonne.

À l’origine, le Centre offre son aide à différentes personnes immigrées pour des traductions, d’informations ciblées, puis, au fil des ans et en s’appuyant sur son équipe multiculturelle, il répond de plus en plus régulièrement aux diverses institutions et personnes qui le sollicitent. Les besoins d’interprétariat et d’accompagnement individuel s’expriment donc depuis longtemps et les sollicitations en cette matière deviennent récurrentes.

Avant l’an 2000, le CAI et les autres centres régionaux d’intégration misent principalement sur le développement de la médiation interculturelle et de l’accompagnement, en proposant une offre spécifique. Cette approche offre l’avantage de prendre en considération les besoins et les embûches rencontrées par les personnes étrangères ou d’origine étrangère dans leur intégration, mais aussi la difficulté des professionnels de divers secteurs et des services publics dans la prise en charge de cette population. Le CAI met ainsi en place divers services de médiation interculturelle, en son sein, mais aussi dans des centres hospitaliers (CHR de Namur) et des administrations communales (Namur, Sambreville). (cf.fiche 12)

En 2000 , le CAI mène une étude de faisabilité d’un pool de traducteurs est réalisée . ?????

L’objectif premier est d’améliorer la communication entre les professionnels et le public issu de l’immigration, en identifiant les besoins linguistiques non satisfaits. Une collaboration avec d’autres services révèle un besoin réel de travailleurs possédant certaines compétences linguistiques, dont le russe, le lingala ou le swahili.

 Parallèlement le CIRÉ (Coordination et initiatives pour les réfugiés et étrangers, qui a repris l’ISM  [Interprétariat social et médical]) envisage de lancer un service d’interprétariat social en Wallonie, soutenu par le ministre des Affaires sociales. Pour éviter les redondances  et renforcer cette initiative, des discussions sont engagées. Elles abordent notamment la distinction entre interprétariat et médiation. L’expertise du CAI est mise à contribution en trois phases : le Centre contribue à l’étude de faisabilité, collabore au recrutement d’interprètes dans le Namurois et à la formation des recrues. Le CAI est le seul en Belgique à privilégier le métier de médiateur interculturel, dont l’approche est plus large, plutôt que celui d’interprète. Après de multiples négociations, c’est le métier d’interprète qui sera reconnu par le gouvernement fédéral et qui sera développé en Wallonie et à Bruxelles.

À la suite du plan fédéral de 2004, le SIS (Service d’interprétariat social en wallonie) est mis en place.

Pour l’antenne de Namur, gérée par le CAI, l’équipe compte alors six interprètes (pour l’albanais, le turc, le russe, le serbo-croate, l’arabe et le swahili). Un processus de formation, d’écolage et de structuration collective de l’équipe est entamé en vue d’optimaliser la professionnalisation des interprètes. Une formation aux pratiques des relations interculturelles est notamment organisée ( Suppervision, intervision et information).

Cette offre d’interprétariat du CAI est destinée aux services de première ligne, dont ceux en contact avec les demandeurs d’asile et les personnes étrangères parlant peu ou mal le français, pour les seconder grâce à un interprète social. Diverses actions d’information ou de sensibilisation sont menées, à cet effet, auprès des services potentiellement utilisateurs.

Par ailleurs, le CAI devient membre de l’AG de la Coordination fédérale de la traduction et de l’interprétariat social (COFETIS) dont l’objectif consiste à développer un plan national d’interprétariat social (et plus spécifiquement : l’élaboration du référentiel métier, du code de déontologie ou de la charte des utilisateurs).

En effet en avril 2005 Cofetis (Coordination fédérale de la Traduction et de l’Interprétariat social) est une asbl créée par des services de traduction et d’interprétariat social (Setis) belges.  Pour mener à bien ses objectifs, Cofetis et ses partenaires bénéficient de subsides européens, Dans ce cadre, plusieurs activités sont menées jusqu’à la fin du programme (en mars 2008 pour Equal). Des activités que l’on peut résumer en quatre volets : analyse des besoins ; travail politique ; formation et métiers ; outils.

Analyse des besoins

Durant le dernier semestre de 2005 et le premier semestre 2006, Cofetis et ses partenaires entreprendront une enquête nationale en matière de traduction et d’interprétariat social. L’objectif en est, premièrement, de dresser l’état des lieux du secteur (qui offre quoi où comment avec quels moyens?), et, deuxièmement, d’identifier et d’analyser les besoins en traduction et interprétariat social.

Travail politique

Le travail politique est multiple : faire connaître le secteur au monde politique et faire de la sensibilisation, entre autres en vue d’une reconnaissance du métier et d’un agrément des services de traduction et d’interprétariat social.

Formation/métier

Il s’agit de définir le métier et d’élaborer une formation d’interprètes adaptée à celui-ci.

Lors des différents travaux préparatoires, Le CAI prend clairement position en faveur du développement de la médiation interculturelle, qui offre, selon lui, une plus-value non négligeable en matière d’intégration des personnes étrangères ou d’origine étrangère, en comparaison avec le simple interprétariat mais hélas il sera le seul à défendre ce métier et ce sera l’interprétariat qui sera reconnu en belgique.

Au cours des dix années suivantes, quelques actions et évolutions importantes sont à souligner.

En novembre 2007, le CAI organise un séminaire : trois ans de pratique et d’interprétariat social dont l’objectif est de livrer une information sur cette nouvelle pratique, de la soumettre à l’appréciation des usagers et faire place à un débat sur les orientations à prendre pour améliorer le service rendu.

 En 2007 également le CAI publie aux éditions “la mesure du possible” le  livre Étrangés, réalisé à partir d’un atelier d’écriture mis en place par le CAI. En effet, les travailleurs de la médiation, de l’interprétariat et de la formation alpha souhaitaient rendre compte des situations vécues par les personnes accompagnées. Pour y répondre, le CAI met alors en place un atelier d’écriture avec les interprètes, qui aboutit à un recueil faisant écho des parcours semés d’embûches et des souffrances vécues par les personnes en exil. Cette démarche vise à libérer les travailleurs de ces situations lourdes à porter seuls et qui les poursuivent parfois jusque dans leur vie privée . Mais aussi, à faire connaître aux services et aux institutions, aux politiques et à la population, la réalité des personnes accompagnées. Il s’agit de  relayer cette parole pour qu’elle soit entendue. À l’occasion de la sortie de l’ouvrage en 2007, des séances publiques sont organisées, où les interprètes déclament quelques passages forts pour mettre en évidence les difficultés rencontrées par les personnes étrangères qui arrivent en Belgique. 

Création du SeTIS wallon (2008) :

Dans les années qui suivent, quelques grands changements institutionnels s’opèrent : ainsi, en 2008 est créé le SeTIS wallon (Service de Traduction et d’Interprétariat en milieu social) qui regroupe en une seule structure tous les services d’interprétariat social wallon. La structure de l’interprétariat social en région wallonne est modifiée en 2009. Les différents services présents sur le territoire wallon fusionnent en un seul SeTIS wallon, qui fonctionne sous forme d’ASBL. Le SeTIS wallon, dont le siège social et l’antenne centrale se situent à Liège, comporte également des antennes locales à Namur, Marche-en-Famenne et La Louvière. En 2013, l’antenne namuroise, devient le siège central et s’autonomise progressivement du Centre. 

 L’objectif de ce changement est d’aboutir à une harmonisation, à tous les niveaux , des différentes antennes locales. À court terme, cela n’entraîne aucune répercussion fondamentale sur le service rendu aux utilisateurs. En effet, le personnel reste en place au sein des antennes locales au sein de leur implantation initiale, avec la même couverture territoriale.

Départ de l’antenne namuroise du SeTIS (2013) :

En 2013, l’antenne namuroise du SeTIS wallon quitte les bâtiments et la coordination du CAI pour rejoindre le siège central du SeTIS wallon, qui fonctionne de manière autonome depuis. Le CAI reste cependant quelques années dans son Assemblée générale et son Conseil d’administration pour permettre la passation. Le SETIS évoluera ensuite en tant qu’institution propre et sera agréée par la Région Wallonne (mettre un lien vers setis). 

Développement d’un pôle d’accompagnateurs interculturels (2013) :

Dans le cadre du nouveau parcours d’accueil de la Région wallonne, le CAI développe, en 2013, le pôle d’accompagnateur interculturel (cf. Parcours d’intégration). Dès les prémices de ce parcours, en 2008, le CAI développe un pôle d’accompagnateur interculturels dans le cadre du nouveau parcours d’accueil des personnes étrangères mis en place par la Région wallonne.
La philosophie du métier reste la même. mettre un lien

l’ASBL œuvre à faire de cette nouvelle fonction une offre pratiquement identique à celle de la médiation interculturelle. C’est dans cette perspective qu’un travail est mené en interne pour systématiser la pratique des accompagnateurs interculturels et en définir les contours sur la base de l’approche de la médiation interculturelle.

 

Edgar Szoc  27-09-2005  Alter Échos n° 194

 

* Légende

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Axes stratégiques d’intervention :

☑ Accompagnement
☑ Interpellation
☑ Travail en réseau

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Générales :

☑ Citoyenneté
☑ Enseignement / formation / emploi
☑ Juridique / justice
☑ Logement
☑ Mobilité
☑ Santé

Spécifiques :

☑ Intégration
☑ Interculturalité
☑ Lutte contre les discriminations
☑ Lutte contre le racisme

 




1985 – Le Centre publie sa première étude statistique


1985 – Le centre publie sa première étude statistique

 

Le CSCIN publie un premier relevé statistique sur la population étrangère, sous le titre : Les immigrés en Wallonie et en province de Namur : quels devenirs ?

L’objectif de cette première étude sur la population étrangère de la province de Namur vise à fournir un outil statistique fiable et détaillé aux différents intervenants politiques et acteurs sociaux actifs sur le territoire namurois (ONEM, CPAS, responsables et décideurs politiques, enseignants, animateurs, etc.). Elle s’appuie sur les données du dernier recensement de 1981 et est publiée à un moment stratégique, puisqu’il s’inscrit dans une période pré-électorale. Ce relevé statistique permet ainsi d’objectiver la réalité de l’immigration dans la Province pour pouvoir poser des choix éclairés.

Depuis, le Centre a poursuivi cette démarche jusqu’à aujourd’hui. Elle s’inscrit dorénavant dans ses missions de Centre régional d’intégration (CRI) et joue un rôle important car elle apporte une vision factuelle de la réalité migratoire, face au flot, toujours plus abondant, d’informations souvent subjectives et parfois trompeuses qui circulent, notamment sur les réseaux sociaux. Conscient de la force des chiffres pour contrecarrer certaines argumentations fallacieuses, le Centre s’en est fait des alliés, tout en sachant qu’ils ne traduisent pas tout. C’est pourquoi il travaille à réunir et à publier les données statistiques relatives à la population étrangère de la province de Namur. Le Centre est à l’origine de nombreuses publications reprenant des données générales ou plus spécifiques sur la réalité locale de l’immigration (ex. : études sur les primo-arrivants, sur les quartiers namurois ou encore sur la commune de Sambreville, etc.). En 2018, il édite une nouvelle publication sur ses différents publics, qui sera actualisée chaque année à partir de 2020. Ce nouvel outil statistique du CAI a pour titre CAIstiques

Les thèmes abordés dans ces recueils statistiques se concentrent sur les publics cibles du CAI : les personnes étrangères et les organismes qui accueillent, accompagnent et forment ces personnes, soit le réseau de l’accueil, de l’intégration et de l’interculturalité. Les statistiques reprennent les données de l’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), de même que les informations récoltées lors de l’accompagnement des personnes étrangères par le CAI ou fournies par les opérateurs mentionnés. Le contenu de ces outils s’élargit au fil des éditions pour mettre en lumière d’autres réalités. Le Centre invite cependant toujours les lecteurs à faire preuve d’esprit critique face à ces données chiffrées et surtout à chercher à en apprendre davantage sur les personnes qui se cachent derrière ces informations strictement quantitatives, de manière à mieux appréhender les réalités qu’elles révèlent. Ses formations jouent notamment ce rôle.

* Statistiques extraites de la page 63 de Les immigrés en Wallonie et dans la Province de Namur : quels devenirs ? (Michel Villan [et al.], 1985, 207 p.), Centre socio-culturel des immigrés de la Province de Namur (CSCIN), désormais CAI Namur.

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Sources :

  •  Michel Villan, [et al.], Les immigrés en Wallonie et dans la Province de Namur : quels devenirs ?, Namur, Centre socio-culturel des immigrés de la Province de Namur (CSCIN), 1985, 207 p.

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